Pr Jean-Claude Shanda Tonme

Par un Décret du 10 Novembre 2019, le Président de la République a convoqué le corps électoral pour un double scrutin législatif et municipal, le 09 Février 2020.

Cet acte du Chef de l’Etat constitue un événement politique majeur, dans un contexte particulièrement indécis, confus et presque perturbé par la survivance des contestations relativement à  la dernière élection présidentielle d’une part, et l’approfondissement de la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest, l’instabilit’ dans la région de l’Est, la résurgence de Boko Haram avec des incursions meurtrières et des prises d’otages incessantes dans tout le Grand nord d’autre part.

La consultation du peuple, devenue compliquée, perturbée, gravement handicapée et pour certains impossible voire illégitime, s’imposait néanmoins comme un passage obligé et indispensable, en dépit des imperfections et des soupçons en prélude.

A ce propos, un dialogue décrété « GRAND », s’est déroulé à l’initiative du Chef de l’Etat, du 30 septembre au 4 octobre à  Yaoundé, et a débouché sur un certain nombre de recommandations, dont la substance est loin de satisfaire toutes les attentes, et peut-etre trop loin des exigences objectives que requière un retour effectif de la paix dans tout le pays. Plusieurs personnes détenues pour des actes jugés graves et pour toutes sortes de motifs, ont néanmoins été élargies.

C’est dans ce contexte que le lundi 25 Novembre 2019, le Pr. Maurice Kamto, Président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), arrivé en deuxième position lors de la présidentielle d’otobre 2019, et créditée officiellement de 14%, a, dans une déclaration solennelle, annoncé la décision de son parti, de ne pas participer au double scrutin du 09 Février 2019.

Le Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR – PMDR), salue la substance de l’argumentaire du MRC, qui met en exergue à  la fois l’exigence de solution à  la crise dans les deux régions (démonstration de solidarité admirable), et la réforme du code électoral, deux conditionnalités partagées par l’ensemble des acteurs politiques honnetes ainsi que par la société civile.

Le MPDR – PMDR, regrette cependant et très profondément, la décision du MRC, qui nous renvoie à  la regrettable et très grave erreur politique des lendemains de la tripartite en 1991. IL FALLLAIT Y ALLER ET IL FAUDRA Y ALLER, meme dans les pires des conditions, et meme avec la certitude de la défaite. C’est une voix importante qui fera défaut, et dont les conséquences pour le présent et pour la postérité seront lourdes de préjudices pour le peuple camerounais, pour l’émancipation de nos populations, pour les luttes pour la démocratie et pour la représentation meme imparfaite, de larges couches de populations.

Le Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation, réitère ses positions connues et affirmées. La véritable sagesse politique aujourd’hui, consiste à  laisser l’entière liberté à  Paul Biya, avec son grand age, qui n’a jamais forcé le destin pour parvenir au pouvoir, de s’effacer tel qu’il est arrivé, sans violences, sans coup de force et en jouissant de la confiance de celui qui était alors son père, son maitre, son patron et son protecteur, Amadou Ahidjo, dont le retour de la dépouille devrait par ailleurs figurer dans tous les agendas prioritaires.

Le MPDR -PMDR, fait connaitre officiellement, que sa foi est et demeure dans la construction des passerelles transversales par-dessus tous les particularismes, et au-delà de toutes les haines. Et à  ce propos, il a décidé de constituer dans tous les quartiers à  travers les quatre coins du pays, des structures exemplaires d’arbitrage des litiges et de rapprochement des populations, de façon à  mettre fin aux recours malsains des postes de police, des brigades de gendarmerie et des tribunaux, qui alimentent la corruption et engendre des fractures dans la société, dans les familles, au sein des couples. Il s’agit des COMITES POPULAIRES DE MEDIATION ET DE MOBILISATION (CPM)

Le MPDR – PMDR, regrette et dénonce la décision du MINAT, de priver certaines structures, partis et mouvements constitués, de valider leurs dossiers et de concourir pour le suffrage du corps électoral. A ce propos, le dossier du MPDR a été régulièrement constitué, déposé auprès des services du Gouverneur du Centre, et enregistré au courrier du MINAT, avec copie avancée directement sur le bureau du Ministre depuis le 02 Mai 2019. Nous ambitionnions, nous ambitionnons, et nous ambitionnerons toujours, de prendre part à  toutes les élections, meme avec une commission électorale composée de diables avec des cornes, et meme dans un état caractérisé de crises graves. L’histoire doit pouvoir témoigner de cette volonté, et instruire le procès de ceux qui l’ont rendu impossible. C’est dans la lutte qu’il faut créer, inventer et faire fructifier des avancées, et c’est dans les conditions imposées par ceux qui dominent les rapports des forces.

Le MPDR-PMDR, exprime ses sérieuses inquiétudes, sur le climat politique et les perspectives dévolution du pays, et en conséquence, invite les authentiques filles et fils de notre terre, à  faire preuve d’un maximum de prudence de langage, d’un maximum de discernement dans toutes les actions, et d’une capacité de transversalité seule indispensable pour dépasser les clivages cruels, dont l’ultime expression ne peut etre qu’une guerre civile dont le pays n’a absolument point besoin.

Yaoundé, le 26 Novembre 2019

Le Président du Mouvement,

Médiateur Universel

SHANDA TONME

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here