Le Tribunal criminel spécial (TCS) devant lequel se présentera Amadou Vamoulké pour la 24e fois ce jeudi 20 novembre devra se prononcer sur une demande de remise en liberté provisoire formulée par ses avocats. Cette demande est motivée par une dégradation extrêmement préoccupante de l’état de santé de l’ancien directeur général de la CRTV que RSF a pu constater après lui avoir rendu visite à  la maison d’arrêt de Kondengui à  Yaoundé au sein de laquelle il est incarcéré depuis plus de trois ans. Le journaliste a indiqué avoir des douleurs dans les deux pieds qui le réveillent la nuitée et n’avoir reçu à  ce jour aucun traitement malgré la neuropathie diagnostiquée depuis le début du mois de septembre.
En septembre, RSF avait pu consulter deux certificats médicaux établis par des neurologues de l’hôpital central de Yaoundé et par l’hôpital américain de Paris dont les conclusions indiquaient que le patient devait subir des examens et des soins à  l‘étranger afin de traiter une neuropathie qualifiée de “sévère“.
En l’absence de soins et d’examens appropriés, ce journaliste en est réduit à  s’administrer des vitamines qu’il achète à  ses propres frais après avoir lu sur internet que cela pourrait aider à  soulager ses douleurs, s’indigne Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Les autorités doivent libérer Amadou Vamoulké avant qu’il ne soit trop tard. Si cette privation de soins se poursuit, le journaliste pourrait perdre l’usage de ses jambes. Sans parler du fond de l’affaire qui traine depuis des années faute de preuves, le tribunal a au moins pour obligation de ne pas mettre la vie de cet éminent journaliste en danger. L’évacuation sanitaire d’Amadou Vamoulké est une obligation morale.
Le 12 novembre RSF a transmis les deux rapports médicaux à  sa disposition et saisi en procédure d’urgence le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ainsi que le groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU. En septembre, RSF a également saisi les rapporteurs spéciaux sur la liberté d’expression et sur la détention de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples afin qu’ils se penchent sur la situation du journaliste incarcéré sans avoir été jugé depuis plus de trois ans.Amadou Vamoulké qui a dirigé la CRTV de 2005 à 2016 a été arreté en juillet 2016. Il est officiellement accusé d’avoir détourné plusieurs millions d’euros au seul profit de la CRTV. Des accusations qui n’ont jamais été établies depuis le début de son procès malgré 23 audiences.Amadou Vamoulké était le seul journaliste africain nominé cette année pour le prix RSF de la liberté de la presse. Fervent militant de l’ouverture du marché de l’audiovisuel au nom du pluralisme et de la dépénalisation des délits de presse dans son pays, il fut également le premier président de l’Union des journalistes du Cameroun.Le Cameroun occupe la 131e place au Classement mondial de la liberté de la presse tabli par RSF en 2019.

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