« Le Syndicat des journalistes et auxiliaires du Cameroun(SYJAC) se veut être une instance d’autorégulation et de médiation de l’information comme une   juste réponse  face à un éclatement professionnel réel et historique que la violence économique du marché des médias a contribué à aggraver [et] face à un flux informationnel en perpétuelle croissance, source de confusion citoyenne et de dérèglement démocratique » ; a indiqué à l’envoyé spécial de l’Agence Digitale d’Informations Africaines(lescoopsdafrique.com), le deuxième vice-président du Bureau Exécutif du SYJAC en charge de la coopération internationale, le journaliste  Nestor Nga Etoga.

Peu avant ce dernier, Vincent Eboundane, le Trésorier National du SYJAC par ailleurs promoteur de ce nouveau syndicat des journalistes et auxiliaires de la profession a rappelé que :« La force de la presse réside dans l’union, elle est indispensable et il est aujourd’hui urgent de se retrouver, à travers un mouvement de veille pour faire face à la menace qui nous guette tous car aujourd’hui ou demain, ça peut arriver à n’importe qui parmi nous », a-t-il lancé.

En parlant de la mission de son mouvement, le journaliste  Patrick Tchouwa, Directeur de Publication du « Jeune Détective », et non moins Président National du Syndicat des Journalistes et Auxiliaires du Cameroun(SYJAC)  dira que : «  c’est un mouvement pour la corporation ». Selon lui, « aussitôt qu’un de ses membres se trouvera dans une situation difficile dans l’exercice de son métier, le SYJAC s’érigera en défenseur sans arrière-pensée. C’est le premier combat de notre mouvement. D’autres actions sont prévues, notamment, des soutiens financiers aux confrères en difficultés. Nous n’accusons personne. Nous croyons à la sincérité de tout un chacun et nous lançons un appel solennel à l’endroit de tous ceux qui ont l’amour de la presse, reconnaissent sa place dans la construction d’une Nation à se joindre à nous afin de former un syndicat fort, uni et prospère », a-t-il indiqué avant de conclure.

Au cours de leurs travaux de Douala, les journalistes et auxiliaires de la profession  ont eu droit aux exposés sur « les mobiles de la création du SYJAC » par Vincent Eboundane , « l’action syndicale » présentée par  l’ancien président régional Centre ,du Syndicat National des Journalistes du Cameroun(SNJC), Yannick Ebosse, devenu le Secrétaire Général du SYJAC.

Le troisième exposé  intitulé : « Journaliste,un métier à risque :Quelle attitude à adopter ? » a été présenté par Nestor Nga Etoga,le correspondant du journal français Le Point au Cameroun, par ailleurs Directeur des rédactions à l’Agence Digitale d’informations Africaines.

Dans son exposé, Nestor a rappelé la permanence des menaces sur l’exercice du journalisme, notamment pour traiter les sujets les plus sensibles, comme la crise anglophone et la lutte contre le terrorisme, qui fait régner une atmosphère de craintes et d’autocensure.Nestor Nga Etoga a indiqué qu’ « au Cameroun,les journalistes sont régulièrement menacés,persécutés,poursuivis devant les tribunaux et parfois tués.Ils le sont parce que le plus souvent,ils ont dénoncé ce qu’ils estiment être une situation ou un propos malhonnêtes.Ces dénonciations ne peuvent qu’évidemment entrainer des mécontentements.Et c’est là que le risque intervient.Et bonjour les procès ! »

Le deuxième vice-président en charge de la coopération internationale du SYJAC,a annoncé la mise sur pieds d’ « Un guide de défense des journalistes » destiné à rappeler leurs droits à toutes celles et ceux qui se trouvent confrontées à des intrusions policières et judiciaires dans le cadre de l’exercice du journalisme.

Dans son exposé, Nestor a révélé des attitudes à adopter par le journaliste ou l’auxiliaire face aux menaces policières et judiciaires. Il a cité : le secret des sources, le secret-défense, le secret de l’instruction et le secret des affaires.

Le deuxième vice-président en charge de la coopération internationale a promis qu’il travaillera avec des organisations non gouvernementale de défense des droits des journalistes et des médias du monde entier tels que :Media Legal Defence Initiative(MLDI),le Comité pour la protection des journalistes(CPJ),Reporters Sans frontières(RSF),l’International News Safety Institute(INSI),l’Association Mondiale des Journaux(AMJ/WAN),l’Echange International de la liberté d’expression(IFEX),l’Institute for war and peace Reporting(IWPR) etc…pour aider les journalistes camerounais quelque soit leur support d’expression-presse écrite, radiotélévision ou internet-et, à cette fin, mettront à leur disposition de bons avocats pour défendre les membres du SYJAC.S’il y a lieu, ces organisations prendront en charge les frais de justice.

Pour sa part,Madame Anne Edouard Mindjouli, journaliste, par ailleurs première vice-présidente du SYJAC chargé du genre a lancé un appel à toutes les femmes de médias, à rejoindre le SYJAC,un syndicat qui se veut fédérateur et soucieux du bien-être de ses membres.

La première assemblée générale du Syndicat des Journalistes et Auxiliaires du Cameroun a connu la participation des journalistes, techniciens, cameramen, webmasters, infographes, imprimeurs… Plus d’une centaine d’hommes et femmes de médias qui ont permis la mise en place d’un syndicat digne de ce nom qui sera le porte-flambeau des employés des différents organes de presse du secteur public et privé.

Après amendement des textes statutaires et réglementaires, les participants à la première assemblée générale du SYJAC ont élu pour un mandat de trois ans, un bureau exécutif national de vingt membres qui sera complété par trois conseillers spéciaux chargés de la presse écrite, de l’audiovisuel et des médias en ligne. La commande de ce bureau est placée dans les mains bénies de son Président Patrick  Tchouwa .

A la fin des travaux, celui-ci a remercié ses confrères pour la confiance placée en lui et la mobilisation spontanée des membres qui ont collecté 145 000 Fcfa séance tenante pour apporter leur soutien au journaliste Souley Onohiolo du journal Le Messager qui s’est fait amputer une jambe.

Le président Patrick Tchouwa a promis œuvrer pour la promotion des intérêts professionnels et matériels des journalistes et auxiliaires, appelé à une collaboration et a promis ne pas livrer la guerre à qui que ce soit.

Avec la création de ce syndicat, le glas est sonné à certains responsables d’organisations de presse existantes qui marchandent dans la précarité dans laquelle végètent la plupart des journalistes Camerounais et les nombreuses violations de la liberté de presse constatées ces derniers temps au Cameroun.

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