Avec AA

Depuis lundi, des coups de feu ont été entendus à Bamenda, chef-lieu de la région anglophone du Nord-Ouest. Selon un témoin, il s’agissait d’échanges de tirs en l’air sporadiques.

Dans le Sud-Ouest anglophone, les sécessionnistes se sont attaqués, mardi soir, aux employés d’une plantation de bananes, la Cameroon Development Corporation (Cdc).

«Onze ouvriers de la plantation située sur la route Tiko – Douala, ont eu les doigts et les mains coupés avec des marchettes par les séparatistes. Ils ont ensuite enlevé quatre hommes et sont partis dans la brousse », a précisé à Anadolu le gouverneur du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilai.

Dans un communiqué publié mercredi soir, le président du Consortium anglophone, Agbor Balla, condamne cet acte « horrible » et demande la libération « sans conditions » des employés pris en otage.

Malgré le « Grand dialogue national », organisé début d’octobre pour mettre fin à cette crise, les combats entre l’armée camerounaise et des séparatistes anglophones se poursuivent dans les deux régions anglophones.

Certains combattants séparatistes anglophones ayant déposé les armes avaient pris part à ce « Grand dialogue national » et le Premier ministre camerounais, Joseph Dion Nguté avait plaidé pour que ceux qui se cachent encore dans les brousses sortent pour rejoindre le Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration.

Créé le 30 novembre 2018, ce comité qui a pour mission d’«organiser, d’encadrer et de gérer ceux qui sont désireux de déposer les armes », notamment à l’Extrême-Nord du Cameroun et dans les deux régions anglophones du pays, connait déjà des failles.

« Ikom Polycap, chef du groupe armé de Wum dans le Nord-Ouest, a déposé les armes mercredi et s’est rendu au gouverneur de la région. Mais dans la nuit de mercredi à jeudi, il a été exécuté par ses anciens camarades d’armes du mouvement séparatistes », a rapporté à Anadolu Ikom Henri, frère du défunt.

Représentant 20% de la population camerounaise qui est majoritairement francophone, la minorité anglophone s’estime marginalisée par le pouvoir central de Yaoundé depuis des décennies. Une mouvance sécessionniste y est née fin 2016 et transformée en insurrection armée une année plus tard.

« Au moins 300 soldats » camerounais ont été tués dans les affrontements avec les séparatistes, d’après les derniers chiffres cités par le ministre camerounais de la Défense, Joseph Béti Assomo, lors d’une réunion de mise au point sur la situation sécuritaire du Cameroun en mai dernier.

Cette crise a également fait plus de 42 000 réfugiés au Nigéria et 530 000 déplacés internes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest selon des estimations publiées par l’Union Africaine le 14 octobre 2019.

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