La France suit avec une grande attention la situation au Cameroun. Elle le fait car le Cameroun est un pays ami, important pour la stabilité de l’Afrique centrale et où se trouvent plus de 6.500 ressortissants français. La situation dans les régions anglophones du Cameroun continue à se dégrader. La France est très préoccupée par cette évolution. Les pertes humaines sont lourdes, la situation humanitaire est critique (35.000 réfugiés au Nigéria et 530.000 déplacés internes) et l’activité économique dans ces régions s’effondre.

Dans ce contexte, la France poursuit ses efforts bilatéraux, ainsi qu’en concertation avec ses principaux partenaires, en particulier à Bruxelles et à New York, pour convaincre le gouvernement camerounais de prendre des initiatives en vue d’un règlement politique durable de la crise. Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni le 13 mai dernier pour examiner cette crise sous l’angle humanitaire. La Haute-commissaire aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, s’est rendue sur place du 1er au 4 mai. D’autres instances internationales sont désormais attentives à l’évolution de la situation et certains pays se proposent pour mener des médiations.

La France est convaincue que la réponse à la crise n’est pas d’ordre militaire ou sécuritaire, mais bien politique. Tous les canaux de dialogue et de réconciliation doivent être ouverts, et c’est pourquoi elle poursuit ses échanges, en toute franchise, avec les autorités camerounaises. Elle les appelle à lancer un dialogue politique inclusif, à mettre en œuvre des mesures de détente et à approfondir la décentralisation.

Par ailleurs, la France suit avec attention la situation de l’ancien candidat à la présidentielle Maurice Kamto, qui a été arrêté le 28 janvier dernier avec près de 200 de ses partisans. La France est très préoccupée par son inculpation mi-février, notamment pour rébellion, insurrection et hostilité contre la patrie. L’opposition camerounaise, dont Maurice Kamto est l’une des figures importantes, doit pouvoir s’exprimer librement, dans le respect de la loi. À cet égard, il est inquiétant que plusieurs centaines de ses sympathisants aient été arrêtés, à l’occasion de marches de soutien dans plusieurs villes du Cameroun.

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