Le jeune centrafricain ITA et l'Ambassadeur Itinérant Albert Roger Milla,le 11 juillet 2019 au siège de Weccare Foundation à Yaoundé

A la Rue Ntolo Josephine au quartier Simbock à Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, à 08 minutes de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen,le Professeur Sammy Orock Oben,Chirurgien-Plasticien ,co-fondateur de « WECCARE FOUNDATION »et sa vingtaine de collaborateurs ne tarissent pas de mots, lorsqu’ils  évoquent le cas ITA, ce jeune centrafricain atteint de la maladie de Noma et abandonné dans un état affreux à Bangui.

 ITA a été récupéré par le Professeur Sammy Orock Oben qui l’a amené au Cameroun pour y subir une opération de la maladie du Noma qui nécessite au moins cinq heures de temps, une somme de dix mille euros et un plateau médical technique adéquat. Pour le cas du jeune centrafricain ITA,le professeur Sammy avoue que : «Il a fallu au départ casser et reconstituer la mâchoire de ITA. Le cas ITA nécessite au moins cinq opérations de 1 500 000 Fcfa chacune. A ce jour, pour que ITA soit complètement guérit, il faut une nouvelle opération pour remettre certains os en place ».Malheureusement, « Weccare Fondation » et « Noma Fund »manquent d’équipements pour sauver les 210 000 personnes à travers le monde qui vivent avec les séquelles de Noma ; cette gangrène de la bouche et du visage.

Comme le jeune ITA,selon l’Organisation Mondiale de la santé(OMS),on dénombrait en 2016, 140 000 nouveau cas par an avec une mortalité se situant autour de 90°/°.

Quant à ceux qui survivent comme ITA, ils en gardent des séquelles mutilantes et stigmatisantes : perte de substance de la joue, du nez, des paupières, des yeux, des lèvres et des os du maxillaire supérieur et inférieur. De plus, le stade cicatriciel est souvent marqué par un blocage de la mâchoire en position fermée, ce qui entraine des problèmes de mastication et d’élocution.

A ce jour, a expliqué le professeur Sammy Orock Oben : « l’étiologie exacte du Noma n’est pas connue, contrairement aux principaux facteurs prédisposant que sont la malnutrition sévère, le mauvais état buccodentaire, la présence d’une maladie infectieuse et la faiblesse du système immunitaire. Chez les enfants, le pic d’apparition de la maladie intervient entre deux et six ans ».

Dans un entretien accordé à l’agence digitale d’informations africaines, le professeur Sammy Orock Oben explique que : « la carte mondiale de l’épidémiologie du Noma recouvrirait toutes les zones où sévit une extrême précarité. Le Noma est d’ailleurs souvent qualifié de maladie de la pauvreté ».

Un programme international de lutte contre le Noma a été élaboré en 1992, mais faute de ressources financières, le démarrage effectif mais timide des activités n’a eu lieu qu’en 2004 .Il est question de réduire la morbidité et la mortalité dues au Noma.

Parce que le programme tarde à se déployer sur le terrain dans ses volets de sensibilisation et de prévention, plus encore l’absence de structures hospitalières spécialisées à la prise en charge des complications de cette terrible maladie qui laisse le plus souvent les malades et leur famille dans le désarroi le plus total, Roger Milla, le footballeur du siècle a décidé de s’engager dans la lutte pour l’élimination du Noma.

Le 11 juillet dernier,l’ambassadeur Itinérant Albert Roger Milla, par ailleurs président de Noma Fund a conduit une forte délégation à Weccare Fondation où il a remis un don au jeune centrafricain ITA et lancé un appel aux bonnes volontés pour la mise sur pieds du Projet  Agir contre le Noma 2021-2030.

Le jeune centrafricain ITA et l’Ambassadeur Itinérant Albert Roger Milla,le 11 juillet 2019 au siège de Weccare Foundation à Yaoundé

Le comité international de pilotage et de coordination dudit projet entend intensifier la sensibilisation et la prévention en faveur de cette maladie,mais aussi de construire un Hopital de Référence Régional Afrique basé au Cameroun ainsi que des Centres d’acceuil de premiers soins dans neuf autres pays d’Afrique Centrale et de l’Ouest pour la prise en charge gratuite des enfants victimes de Noma,et plus largement pour la prise en charge des affections maxillo-faciales défigurantes.

Pour le Dr Georges NKO’O Ayissi, secrétaire général du Noma Fund(www.nomafund.org): « Les volets sensibilisation et prévention constitueront le premier déploiement du Projet et s’attardera sur les principaux facteurs de risques de Noma dans les zones les plus touchées. Ainsi un travail intégré avec les programmes en charge des Maladies Tropicales Négligées, avec les programmes en charge de nutrition, avec le Programme élargi de vaccination et avec les Programmes de santé bucco-dentaire, devra permettre de réduire progressivement l’incidence du Noma dans les pays ciblés et envisager son élimination d’ici à 2030 ».

A Yaoundé, l’Etat camerounais a déjà mis à disposition un terrain d’une superficie de 10 000 mètres carrés. La première phase du projet concernera les dix pays d’Afrique centrale et de l’Ouest (Cameroun, Côte d’Ivoire, Ghana, Guinée Équatoriale,Liberia,Nigéria,RCA,RDC,Sénégal et Tchad).

 

 

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