La mine marquise, l’air altier, Mrs Karen Bass(chef de délégation)avec à ses cotés le Commandant Adrian Liptrot, le capitaine John Powell ;le Sergent Major Carlos Magwood et bien d’autres sont arrivés mardi,02 juillet 2019 à 14heures au cabinet du Ministre camerounais de la Défense où les attendaient pour la circonstance le ministre Joseph Beti Assomo, Ministre délégué à la présidence chargé de la défense entouré du Général de Corps d’Armée, chef d’État-major des Armées ;le secrétaire général du ministère de la défense, le général de Brigade, le Directeur Central de la Coordination de la Gendarmerie Nationale et quelques officiers responsables du Ministère de la Défense.

Pendant près de deux heures,le ministre camerounais délégué à la présidence chargé de la défense a présenté la situation sécuritaire actuelle du pays aux membres de la délégation du congrès américain.

D’entrée de jeu, Joseph Béti Assomo a indiqué que : « Le Cameroun est confronté au cours de cette dernière décennie à divers types de menaces, à savoir la criminalité transfrontalière, la piraterie maritime, le grand banditisme, le braconnage, le terrorisme et l’irrédentisme armé ».

Le Mindef a rappelé que depuis 2014,le pays fait face de manière directe à des attaques armées du groupe terroriste Boko Haram qui a fait allégeance à l’Etat Islamique au Levant(EIL),et qui, après avoir assis ses bases au Nigeria, a étendu ses activités meurtrières aux pays voisins que sont le Tchad, le Niger et le Cameroun. Cette action, a indiqué le ministre de la défense du Cameroun « a entrainé de graves conséquences multiformes sur le Cameroun et ses populations ».

Béti Assomo souligne que : « Les accès inimaginables de barbarie auxquels s’est déjà livré ce groupe constituent une kyrielle macabre infinie. Des familles endeuillées, des destins brisés, des communautés traumatisées et désorganisées, des réfugiés et des populations déplacées par dizaines de milliers, des églises chrétiennes et des mosquées musulmanes incendiées, des attentats kamikazes spectaculaires et très meurtriers, des économies locales désorganisées, des Etats défiés dans leur capacité à assurer la sécurité des hommes et des biens ».

Après un temps de répit qui a duré quelques mois, le groupe a repris des attaques massives contre le Cameroun. Selon le ministre Béti Assomo : « Dans la nuit du 09 au 10 juin 2019, nos postes avancés dans la localité de Darak, dans le Lac Tchad, ont subi une attaque perfide d’une horde de ce groupe terroriste. De nombreux civils ont été tués au cours de cette attaque ainsi que 17 de nos soldats ».

Alors que le Cameroun fait face à Boko Haram dans la partie septentrionale du pays, le Ministre délégué à la présidence chargé de la défense indique qu’: « un mouvement sécessionniste a pris les armes contre la République en 2016,et veut réaliser la partition du pays en le dépossédant de ses deux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ».

En effet, le Mindef a rappelé qu’ « aux mois d’octobre et de novembre 2016, deux groupes socioprofessionnels, les avocats et enseignants anglophones ont observé un mouvement de grève qui a duré quelques semaines. Profitant de ce mouvement d’humeur, un groupe de sécessionnistes a décidé de diviser le pays en deux ».

En dépit de la satisfaction de toutes les demandes corporatistes par le Gouvernement, l’on a constaté que ces demandes n’étaient que des alibis d’un projet savamment ourdi en vue de la scission du pays. « Lorsqu’ils ont commencé à s’attaquer aux symboles nationaux tant au Cameroun qu’à l’étranger, ils ont confirmé à la face du monde qu’ils avaient longuement planifié leur opération de déstabilisation. ceci grâce aux nombreux et importants soutiens financiers et en expertise diverse qu’ils reçoivent de certains acteurs basés à l’étranger, principalement en Amérique, en Europe occidentale, en Amérique du Sud et dans certains pays voisins » ; a dit Béti Assomo.

Selon le Ministre de la défense, les sécessionnistes « ont mis en place une véritable économie du crime. De nombreux civils et plus de 300 militaires, gendarmes et policiers ont été assassinés, pour certains par décapitation, et d’autres par des armes de guerre qui leur sont fournies par leurs soutiens étrangers. Ils pillent, violent, coupent les mains aux enseignants qui refusent d’obéir à leur injonctions de ne plus enseigner ; ils tuent et brutalisent des élèves, enlèvent des étudiants ; ils brulent des hôpitaux avec leurs malades, détruisent des infrastructures économiques, plantations étatiques et privées, écoles, ponts, infrastructures d’eau et d’électricité ».

Le Mindef a remercié le gouvernement américain pour son soutien multiforme dans la lutte contre Boko Haram. Ce soutien s’exprime en termes de formation, d’appui au renseignement, en équipements et matériels divers, en véhicules blindés et, le 11 mai 2018, par don de deux aéronefs CESSNA 2018 B.

Toutefois, Béti Assomo a rappelé à la délégation américaine que le gouvernement a été « préoccupé et peiné par cette condamnation par défaut dont le pays a fait l’objet dans cette résolution, où les forces de défense sont accusées et mises au même pied d’égalité que des sécessionnistes terroristes ».

Selon le Ministre délégué à la présidence chargé de la défense : « il n’y a pas une politique de marginalisation des populations d’extraction anglophone du Cameroun. Les populations camerounaises, quelles que soient leur origine, sont libres de s’installer partout où elles veulent. Ils n’y a pas de tribus anglophones ou francophones au Cameroun…Le clivage Anglophone/Francophone n’est qu’un prétexte que ceux qui veulent détruire le Cameroun manipulent au gré de leurs intérêts ».

Au cours de l’audience avec le Mindef, les membres du congrès américains ont eu droit à « une brève illustration de la situation réelle sur le terrain »,à travers une présentation en « powerpoint »du colonel, Directeur des affaires administratives et règlementaires au Ministère de la Défense.

Après avoir longuement écouté et pris des notes, et peu avant de quitter le ministère de la défense, l’honorable Mrs Karen Bass a exprimé son vœux de voir les dirigeants camerounais poursuivre le dialogue afin de ramener la paix dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest du pays./.

 

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