En marge de son adhésion aux divers instruments juridiques internationaux, le Gouvernement camerounais à toujours placé l’enfant au centre de ses préoccupations. Aussi a-t-il adopté depuis les indépendances, des mesures législatives et réglementaires déterminantes pour l’application des droits de l’enfant, et enclenché des procédures qui se trouvent à des stades très avancés

A l’esplanade de la commune de l’arrondissement de Yaoundé 4ième dans la capitale politique du pays où se déroulaient le 16 juin dernier, les festivités de la 29ième édition de la journée de l’enfant africain, les témoignages de deux enfants victimes de la crise dans les régions en crise du nord-ouest et du sud-ouest ont servi d’interpellation, d’appel au dialogue, de la nécessité de vivre dans la paix.

Le 16 juin dernier, autorités administratives, politiques, diplomatiques, membres de la société civile se sont mobilisés pour défendre dans la mesure du possible, la dignité humaine des personnes touchées par les crises humanitaires, notamment en prenant des mesures pour sauver des vies et alléger leurs souffrances.

Dans son discours de circonstance, Madame le maire  Régine AMOUGOU NOMA,de la commune de l’arrondissement de Yaoundé 4, a souligné qu’ : «  en choisissant comme thème l’action humanitaire en Afrique : les droits de l’enfant avant tout, l’Union Africaine a voulu mettre en exergue la diversité et la complexité des problèmes auxquels font face les enfants en tant de crise et interpeller tous les acteurs de la chaine de réponse, à savoir le secteur public, le secteur privé, les partenaires au développement, les organisations non gouvernementales nationales et internationales, les organisations de la société civile et les particuliers, à mettre les enfants au centre de leurs préoccupations ».

Pour sa part, l’UNICEF rappelle qu’:« environ, un enfant sur quatre vit dans des pays frappés par des crises humanitaires, lesquelles entrainent des situations de violation de leurs droits tels que le manque d’accès aux soins médicaux, à l’eau potable et à l’assainissement, à la nutrition, à une éducation de qualité ou à la protection ».

En perspective, le Cameroun entend poursuivre l’amélioration déjà engagée du cadre juridique national  par  l’internalisation des dispositions des instruments juridiques internationaux ratifiés à travers  notamment l’adoption des textes législatifs spécifiques et la création d’une structure autonome chargée du suivi de la mise en œuvre desdits droits;le renforcement du cadre institutionnel par la mise en œuvre effective des textes y relatifs ;le renforcement des capacités des services et des  intervenants sociaux ;la poursuite de la vulgarisation des droits de l’enfant tant auprès de ces derniers, de leurs parents que des communautés ;enfin, le renforcement du partenariat avec la société civile et de la coopération bi et multi latérale en matière de protection et  de promotion des droits de l’enfant.

Entretien avec…Jean Pierre EDJOA : « ils ont aussi des droits »

L’agence digitale d’informations africaines a rencontré le directeur de la protection sociale de l’enfance au ministère camerounais des Affaires Sociales. Entretien.

Les Scoops d’Afrique : Que fait le ministère des Affaires sociales (MINAS) pour les enfants déplacés internes ?

Il faut d’abord connaître les principales attentes des enfants. Les enfants rencontrés en crise humanitaire sont exposés à plusieurs types de problèmes. Premièrement, il y a d’abord un problème de protection, car les zones d’insécurité ne permettent plus à ces enfants de s’épanouir. L’action menée par  le MINAS, c’est de retirer ces enfants de ces lieux-là, et leur assurer un cadre épanouissant. Et ce cadre aujourd’hui va des centres d’accueil des enfants en détresse aux familles d’accueil temporaires. A l’Extrême nord, on a expérimenté cette nouvelle formule, c’est d’avoir des familles volontaires qui acceptent prendre ces enfants. Ensuite, pour ce qui est de leur stabilité parce- qu’il faut également dire que ce sont des enfants qui vivent difficilement des traumatismes liés aux crises, il faut pouvoir nous rassurer de leur adaptation et de leur stabilité physique et mentale. Nous faisons ce que nous appelons l’accompagnement psycho-social qui consiste à les accompagner à comprendre ce qui leur arrive, et surtout trouver des voies les mieux adaptés en vue de s’adonner à d’autres activités. Le troisième niveau c’est l’accompagnement dans l’éducation de ces enfants. Ces enfants sont retirés de ces lieux se retrouvent dans de nouveaux milieux. Nous procédons au placement scolaire, c’est-à-dire la facilitation d’une admission gratuite pour les établissements d’enseignement public. C’est également l’action du MINAS. Un autre élément, la santé. Certains de ces enfants ont des problèmes de santé physique et le rôle du MINAS, avec les autres acteurs, les partenaires au développement, de permettre à ces enfants de bénéficier des soins appropriés. Pour finir, le droit à la participation, à l’expression et à l’épanouissement.

Lors de la commémoration de la 29éme édition de la journée de l’enfant africain, les enfants ont démontré leurs compétences à travers des activités culturelles. Est-ce que c’était l’objectif de cette journée ?

Oui, ils ont aussi des droits. Ils doivent s’exprimer, faire valoir ce qu’ils font. En réalité, c’est une adhésion volontaire, il n’est pas question de forcer la main à ces enfants, mais qu’ils comprennent, qu’ils ont leur place au même titre que les autres enfants, s’exprimer, mettre en valeur leurs compétences./.

 

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