Avec AA / Yaoundé / Peter Kum

« Conduire un dialogue inclusif est le meilleur moyen de préserver la stabilité du pays, stabilité qui est vitale pour la sous-région. J’encourage les autorités camerounaises à poursuivre leurs efforts de dialogue et à faire avancer le processus de décentralisation », a déclaré Louncény Fall devant les membres du Conseil.

Le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale a noté avec satisfaction l’annonce du Premier ministre Joseph Dion Ngute, le 9 mai, sur la prédisposition du Président Paul Biya à s’engager dans un dialogue sur toutes les questions, sauf celles touchant à la [séparation] et la [sécession], afin de trouver une solution durable à la crise.

« Ceci est un pas dans la bonne direction », a déclaré l’envoyé spécial de l’ONU.

Il a, toutefois, noté que « malgré ces avancées positives, la situation sur le terrain continue de se détériorer avec des affrontements fréquents entre les groupes armés sécessionnistes et les forces de défense et de sécurité nationales ».

Depuis la prison principale de Yaoundé, le président auto-proclamé de la république virtuelle dénommée « Ambazonie », Sissiku Ayuk Tabe, a écrit une lettre ouverte, le 27 mai dernier, où il se disait favorable au dialogue pour mettre un terme à la crise anglophone. Mais, sous certaines conditions.

En effet, avant l’ouverture du dialogue, le leader sécessionniste anglophone demande « la libération de toutes les personnes incarcérées dans le cadre de la crise anglophone, le retrait de l’armée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que celui des autorités administratives et l’arbitrage du dialogue par les Nations Unies ».

Le gouvernement camerounais de son côté, avait exprimé sa volonté de dialoguer autour de tous les sujets, « sauf la sécession ».

Les autorités camerounaises sont attachées à l’Etat unitaire et ne comptent pas diviser la Nation.

Récemment, en tournée dans les régions anglophones, le Premier ministre du Cameroun, Joseph Dion Ngute l’a réaffirmé explicitement : « Le gouvernement est prêt à dialoguer sur tous les sujets sauf celui de la sécession».

Les deux régions anglophones du Cameroun qui représentent 20% de la population du pays, sont en crise depuis fin 2016, lorsque des avocats, des étudiants et des enseignants anglophones ont commencé à protester contre ce qu’ils considéraient comme leur représentation insuffisante et leur marginalisation culturelle par le gouvernement central.

En réponse, les forces de sécurité gouvernementales ont mené des ratissages, tuant des civils, incendiant des villages et recourant à la torture et la détention secrète, tandis que des séparatistes armés ont également tué, torturé et enlevé des dizaines de personnes. Des rapports d’ONG internationales ont répertorié, de parts et d’autres, un grand nombre de violations des droits humains.

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