Président du Refaden

Les populations de l’arrondissement de Nguélémendouka viennent de lancer le REFADEN pour adresser les questions de développement. Est-ce pour faire comme les autres ?

Je ne crois pas qu’il soit mauvais de suivre les bons exemples. Et, pour le cas d’espèce, l’objectif du REFADEN n’est pas simplement de faire comme les autres. Les questions de développement interpellent toutes les communautés et charrient les mêmes enjeux aujourd’hui. Nguélémendouka est conscient de cela et n’entend ménager aucun effort pour s’aligner dans la catégorie des sociétés modernes. De plus, à l’heure où le président de la République, son Excellence Paul Biya, a décidé d’accélérer le processus de mise en place de la décentralisation, il nous semble de bon ton que les populations s’organisent au mieux pour prendre en main certaines questions qui concernent le développement de leur circonscription.

Que retenir comme faits marquants des travaux de l’assemblée générale constitutive du REFADEN organisée le 27 avril dernier ?

D’abord la mobilisation observée dans la participation aux travaux. Depuis que la défunte ASSODENGKA, association qui a précédée le REFADEN a connu des difficultés dans sa marche, on n’a plus enregistré une telle affluence, une mobilisation aussi forte des filles et fils de notre Nguélémendouka natal autour d’un même objectif. Plus de trois cent cinquante participants dans une salle archicomble, qui ont pendant plus de sept heures d’horloge, débattu sans discontinuer des contours de l’association…L’autre fait marquant, c’est la qualité des participants : toutes les couches sociales confondues de Nguélémendouka ont pris part aux assises. De l’autorité administrative à celles traditionnelle et religieuse, élites intérieures et extérieures, médecins, directeurs de l’administration centrale, ménagères, cultivateurs, opérateurs économiques, enseignants et étudiants des universités, tous étaient là. Ils ont répondu à l’appel du développement et ont su vaincre, pour certains, les égoïsmes personnels qui auraient pu commander d’autres attitudes. Je relève aussi tout particulièrement la relative jeunesse du Bureau exécutif. Le collège électoral, constitué d’hommes mûrs dont la moyenne d’âge peut se situer autour de soixante ans, a choisi d’investir leur confiance en la jeunesse avec un message clair : que le regroupant ne serve de tremplin à personne pour assouvir des ambitions inavouées. C’est-à-dire, que les membres élus soient au service du REFADEN, et non le contraire.L’image forte demeure enfin celle des filles et fils issus des trois composantes sociologiques de  notre arrondissement, à savoir Maka Omvang-Ngomeya, Maka Omvang-Sikonda et Maka-Ebessep, réunis dans une même salle, autour d’une même table, main dans la main, déterminés à faire sortir Nguélémendouka des ornières du sous-développement.

Qu’est ce qui va changer avec le REFADEN ?

Ecoutez, la mort de la précédente association, ASSODENGKA, est venue en grande partie de la partition de l’ancien Nguélémendouka qui avait des contours plus vaste que le présent. Il y avait en plus de cela des égoïsmes, et la condescendance de certaines communautés vis-à-vis des autres. A ce que je sache, l’Etat n’a pas en projet de fragmenter une fois de plus cette circonscription. Et nous avons tiré leçons des ce passé, voire du passif pour aller sur de nouvelles bases.

Avec le nouveau regroupement en effet, il y a quelque chose de fort qui se partage entre les fils et filles de Nguélémendouka, c’est le « REFADEN spirit ». C’est cette détermination qu’ont les enfants de Nguélémendouka à le faire décoller en direction de l’émergence. Cet esprit, j’en ai la conviction, est trans-générationnel parce que le socle juridique et sociologique sur lequel repose le REFADEN intègre les préoccupations et les attentes de toutes les composantes de l’arrondissement. C’est dire que le REFADEN s’inscrit d’emblée dans la durée en étant le creuset de nos aspirations communes et l’instrument de leur réalisation.

Après la mise en place du bureau, quelles sont les priorités d’actions ?

L’urgence est de doter le REFADEN d’une personnalité juridique. Les démarches sont engagées dans ce sens auprès de l’autorité administrative compétente. Il est également urgent de faire adhérer la grande majorité de l’élite de Nguélémendouka  aux idéaux de paix, de solidarité et d’unité sans lesquels aucun développement digne de ce nom n’est envisageable. Nguélémendouka a besoin de tous ses enfants pour avancer. Ce n’est que fort de l’unité de ses enfants que se fera le développement tant recherché de l’arrondissement.Il y a aussi la vulgarisation du regroupement et sa promotion pour accroitre sa visibilité auprès de ses différentes cibles et auprès de ses futurs partenaires.

Quant aux actions de développement proprement dites, le Bureau Exécutif se réunit dans les tous prochains jours pour élaborer sa feuille de route triennale à soumettre à la validation de l’Assemblée générale. Une feuille de route qui doit s’appuyer sur le Plan Communal de Développement, car nous allons poursuivre les mêmes objectifs que la Commune. C’est d’ailleurs pourquoi le maire a accompagné la sortie des fonts baptismaux du REFADEN et s’est engagé à travailler en parfaite synergie avec nous.

De quels moyens dispose le REFADEN pour réaliser ses missions ?

C’est des ressources classiques : les cotisations ses membres, d’abord. Nous comptons également sur la capacité des fils et filles l’arrondissement à décrocher des projets de développement auprès des organes de l’Etat chargés des questions de développement et même d’obtenir des financements auprès d’organisations internationales œuvrant dans le même but. Bien entendu, le regroupement ira à la rencontre de ses sœurs ainées dans le département du Haut-Nyong et même dans la région pour s’enrichir de leurs expériences afin d’implémenter son action de façon efficiente. /-

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