Avec AA / Yaoundé / Peter Kum 

« Michèle se rendait à l’hôpital pour y voir un ami blessé lorsqu’un policier l’a pourchassée dans la rue avant de lui tirer trois fois dessus à bout portant. Elle a par la suite été traquée puis inculpée par le tribunal militaire. Elle fait désormais l’objet de poursuites pour rébellion et hostilité contre la patrie, entre autres accusations forgées de toutes pièces », a déclaré mardi, Samira Daoud, directrice adjointe pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale d’Amnesty International.

Cette initiative d’Amnesty rejoint celles de la communauté internationale appelant à libérer les prisonniers politiques, notamment ceux du MRC.

« Des alliés du Cameroun, dont les États-Unis, l’ONU et l’UE, critiquent désormais la façon dont le Cameroun traite les militant-e-s d’opposition. Récemment, en réaction à des rapports et des campagnes qui dénonçaient des violations des droits humains dans le pays, le gouvernement des États-Unis a décidé de réduire l’aide sécuritaire et militaire qu’ils fournissent au Cameroun », a rappelé Amnesty International.

La vague d’arrestation contre les opposants du MRC avait commencé suite aux manifestations du 26 janvier, refusant les résultats de la présidentielle du mois d’octobre 2018.

Maurice Kamto, président du parti, avait déclaré avoir remporté l’élection présidentielle d’octobre dernier et estime que sa victoire a été volée.

L’opposant camerounais a été arrêté, avec plus de 100 militants de son parti, à la suite d’une manifestation pacifique organisée dans plusieurs villes du Cameroun le 26 janvier dernier pour dénoncer un “Hold-up électoral”.

D’après Amnesty International, « ces personnes ont été arrêtées arbitrairement, dont certaines qui n’avaient même pas participé aux manifestations. Michele Ndoki, avocate et militante politique camerounaise, fait partie de ces personnes injustement arrêtées. Blessée, elle est désormais détenue dans l’attente de son procès. Elle pourrait être condamnée à mort ».

Après le procès, le 2 avril courant, des militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), le parti de l’opposant Kamto a, dans un communiqué, exprimé sa consternation et ses vives protestations quant à la manière dont se déroulent les procédures d’habeas corpus des militants du MRC tant en instance qu’en appel.

Le parti de Maurice Kamto relève, pour le regretter « la militarisation des Cours et Tribunaux avec pour conséquence une justice rendue en catimini et sous les baïonnettes ».

« Le MRC rejette en bloc les décisions en instance et en appel qui, dans ce contexte, ne seront que le résultat d’instructions dictées à une justice partiale et aux ordres en violation flagrante des lois nationales et des instruments internationaux pourtant dûment ratifiés par le Cameroun », a indiqué le communiqué.

Le juge a fixé au 9 avril la date à laquelle il rendra son verdict.

Le MRC projette d’organiser des manifestations publiques le 13 avril pour demander la libération de ces « prisonniers politiques ».

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