Le festival, avec comme  thème  «BAKA DREAM DAYS», a été commémoré cette année sur le signe de la:«Décentralisation et gestion durable de la biodiversité dans le bassin du Congo: la place des peuples autochtones».

Sous le concept «Ma forêt, ma vie», les peuples autochtones ont exposé au grand public le musée vivant Baka, les danses traditionnelles et le patrimoine culturel. Une table ronde animée entre les peuples autochtones, Greenpeace Afrique, le personnel de Sudcam et les médias, a été consacrée à l’impact des projets de développement et à la nécessité de faire participer les peuples autochtones vivant autour du projet Sudcam. L’initiative visant à mobiliser le grand public à la richesse culturelle des peuples autochtones est une campagne de sensibilisation interactive menée par Greenpeace Africa, APIFED et les communautés Baka, ceci dans le but de mettre en évidence la relation symbiotique entre le peuple Baka et la forêt.

«Nous voulons utiliser ce festival culturel pour parler de notre existence et des problèmes

Sa Majesté Abila Bienvenue, chef de la communauté Baka d’Assok.

auxquels nous sommes confrontés en tant que peuple Baka. Nous appelons le gouvernement camerounais à  reconnaître officiellement nos chefs et à nous apporter un soutien administratif pour sécuriser nos  60 000 hectares de terres forestières. Cette étendue  comprendra  une forêt communautaire et le musée vivant du peuple Baka d’Assok », a déclaré Sa Majesté Abila Bienvenue, chef de la communauté Baka d’Assok.

La forêt joue un rôle important dans la régulation du climat mondial au profit de l’ensemble de la biosphère. Cependant, a rappelé Sylvie Djacbou, responsable de la campagne Forêt de Greenpeace Afrique:”notre forêt et les communautés autochtones qui y vivent et qui dépendent d’elle sont menacées par la déforestation alarmante et l’accaparement des terres, ce qui détruit les moyens de subsistance des communautés autochtones”.

La responsable de la campagne Forêt de Greenpeace Afrique a indiqué que:«Les activités menées avec nos partenaires et les communautés Baka montrent la place importante des populations autochtones dans la protection de la forêt et de sa biodiversité. Comme illustré   par la communauté, la protection de la forêt fait partie de leur culture et de leur mode de vie”.

“Nous appelons les autorités gouvernementales à garantir le respect des droits coutumiers

Sylvie Djacbou, responsable de la campagne Forêt de Greenpeace Afrique

des peuples autochtones en les associant activement aux processus en cours de réforme du régime foncier et de révision de l’aménagement du territoire. Le lien intrinsèque entre les Baka et leurs forêts, les obligent à être considérés comme des partenaires égaux dans la gestion des forêts. Cela aidera le peuple Baka à mieux défendre ses droits vis-à-vis des projets de développement », a déclaré Sylvie Djacbou.

« En plus de l’interdiction permanente à déforester et l’indemnisation adéquate des communautés, Greenpeace Africa demande à Halcyon Agri et au gouvernement camerounais une transparence totale sur le projet. Les documents indiquant l’ensemble de l’actionnariat de Sudcam, les études d’impact environnemental et social, les évaluations HCV (Haute Valeur de Conservation), les cartes de concession et d’autres documents clés doivent tous être rendus publics.

L’année dernière, Greenpeace Afrique a exposé les impacts de la plantation camerounaise

Madame Edith Mireille Maningoué Épouse Ayissi,Chef du département communication à Sudacm Hévéa S.A

d’Halcyon Agri, Sud Cameroun Hévéa (Sudcam), sur l’écosystème et sur les communautés locales et autochtones. Le déplacement des communautés Baka sans compensation adéquate ni plan de réinstallation, l’intimidation des lanceurs d’alerte, l’absence d’une zone tampon clairement définie pour permettre aux communautés voisines de subvenir à leurs besoins et la grande opacité du projet exigent une réparation urgente.

A la suite,le fonds souverain norvégien – le plus important au monde – a retiré son investissement d’Halcyon Agri Corporation – le géant du caoutchouc basé à Singapour, en raison des risques financiers liés à la déforestation tropicale

En plus de l’interdiction permanente à déforester et l’indemnisation adéquate des communautés, Greenpeace Africa demande à Halcyon Agri et au gouvernement camerounais une transparence totale sur le projet. Les documents indiquant l’ensemble de l’actionnariat de Sudcam, les études d’impact environnemental et social, les évaluations HCV (Haute Valeur de Conservation), les cartes de concession et d’autres documents clés doivent tous être rendus publics.

« Nous demandons  aux  clients de Halcyon Agri, tels que Michelin, Goodyear, Continental et Bridgestone, à réexaminer sérieusement leur contribution à la déforestation au Cameroun – et à rompre tout lien avec la compagnie. »

Les Baka utilisent la culture et la promotion d’un musée vivant comme moyen de protection de la forêt. Cela augmentera l’attrait touristique de la région et contribuera grandement au développement économique de la région du Sud tout en préservant sa culture. Les responsables gouvernementaux devraient voir cela comme une opportunité. Il est urgent que le gouvernement camerounais adopte et applique des règlements qui protègent la forêt et accordent des droits fonciers aux peuples autochtones Baka.

 

 

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