Le Cameroun est confronté clairement à une multitude de groupes distincts, mais qui coopèrent de temps en temps. Depuis peu, ces groupes se battent entre eux, ce qui affaiblit davantage la partie séparatiste au profit de l’armée qui avance. Les violences sont également quotidiennes dans l’autre région anglophone du Cameroun, le Sud-Ouest. Le groupe armé Socadef, actif dans cette zone, rappelle que la seule solution possible est politique. Mais son chef exige toujours de négocier en présence d’une instance internationale ou d’un pays étranger et tient à ce que les discussions aient lieu hors du Cameroun. Cette option n’est pas envisagée par les autorités de Yaoundé.Au  moins 500 civils et plus de 200 membres des forces de sécurité ont été tués depuis le début des violences. L’ONG International Crisis Group (ICG)considère d’ailleurs que cette crise anglophone est l’un des dix conflits à surveiller en 2019 dans le monde.Pour René Claude Meka, chef d’Étatmajor des armées du Cameroun :

Dans la Région de l’Extrême-Nord

« Le Boko-Haram, tel le phœnix après une relative accalmie, s’est à nouveau fait signaler à plusieurs reprises dans des attaques violentes des positions amies dans notre village. C’est ainsi que les chefs d’Etats du bassin du Lac Tchad et le Benin ont pris la décision afin de ne pas compromettre de manière irréversible, nos acquis dans la guerre contre le Boko Haram et relancer les opérations de la force multinationale mixte dans le bassin du Lac Tchad. Ces opérations sont imminentes. En terre camerounaise, le Boko Haram s’est illustré par quelques incursions sans gravité. Notre dispositif est bien en place, et nous contrôlons la situation ».

Dans la Région de l’Est

« A la frontière avec la République Centrafricaine, nous suivons la situation de très prêt afin qu’elle ne nous échappe pas. Etant entendu que, de tout ce qui se passe dans ce pays en crise, a des répercussions en territoire camerounais ».

Dans la Région de l’Adamaoua   

« Le phénomène de prise d’otages a pris de l’ampleur. Nous sommes actuellement sur le terrain pour le combattre”.

Dans le Nord-Ouest et le Sud-ouest

“Nous maitrisons la situation. On dit toujours : comparaison n’est pas raison. Malgré cela, je vais me hasarder à faire une comparaison entre la situation dans ces deux régions et celle de l’Extrême-Nord.

Ce qui diffère l’Extrême-Nord des régions du Nord-Ouest et Sud-ouest

Les acteurs de la crise dans l’Extrême-Nord sont des camerounais. Il y a aussi des étrangers comme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest. Il y a des camerounais et des

René Claude Meka, chef d’État-major des armées du Cameroun; lors de la cérémonie de présentation des voeux 2019.Crédit photo:DIVCOM/Mindef

mercenaires recrutés dans le voisinage.Dans la région de l’Extrême-Nord, c’est notre intégrité territoriale qui est menacée. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest, notre unité nationale est menacée. Dans la région de l’Extrême-Nord, ça c’est la différence : il n’y a pas eu de dialogue. Personne ne l’a jamais réclamé dans cette région.Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest, on a réclamé le dialogue qui peine même à démarrer. Dans la région de l’Extrême-Nord, les acteurs ont connu les fortunes diverses. Le Boko Haram a été combattu par le peuple camerounais tout entier. On se rappelle qu’à l’époque, les camerounais de manière spontanée, ont fait bloque avec l’armée pour combattre le Boko Haram. C’est ainsi donc que les comités de vigilance ont été mis en place et ils sont toujours là, à ce jour. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest, rien de tel. Il y a des débats mais l’armée n’est pas partie prenante dans ces débats.

Ce qu’on dit de l’armée camerounaise

« Cependant, il arrive qu’on parle d’elle. Mais, dans quel terme ? J’ai même été témoin d’une intervention venant d’un élu du peuple qui a déclaré que l’armée camerounaise dans le Nord-Ouest et le Sud-ouest était une armée d’occupation. D’autres ont accusé l’armée de tueries, de massacres et j’en passe. On a même demandé aux militaires de déposer les armes. Jusqu’à présent, je n’ai jamais su ce que ça voulait dire.

« Nous sommes une armée républicaine »

L’armée camerounaise est une armée républicaine. Elle reçoit ses ordres de son chef. C’est à dire le chef de l’Etat, chef suprême  des armées. C’est de lui que nous recevons des ordres et c’est de lui que nous faisons un point d’honneur à exécuter sans hésitation, ni rancune, avec professionnalisme et j’en passe. Donc, nous en tenons aux ordres que nous recevons de notre chef. Et nous remplissons nos missions avec honneur et fidélité. Donc, dans ce cas, il ne faut pas que les gens s’attendent à ce que nous fassions autre chose.

« Tous les gens qui sont intéressés pour faire le coup de feu en brousse, ils ont intérêt à se rendre »

« Nous avons reçu des ordres et les nouvelles orientations que le chef de l’Etat vient de donner vont encore nous servir de boussole dans notre action au cours de la nouvelle année 2019.Ainsi donc, tous les gens qui sont intéressés pour faire le coup de feu en brousse, ils ont intérêt à se rendre tel qu’on le leur a proposé et ils recevront le meilleur accueil de nos hommes. Dans le cas contraire, ils nous trouveront sur leur chemin. Et ce sera sans rancune, mais ça sera fait de manière efficace. Nous voulons donc répéter ici que nous sommes là pour exécuter les ordres du chef de l’Etat et nous sommes prêts à offrir à tous les camerounais qui veulent se rendre, qui se sont fourvoyés, à les encadrer pour qu’ils retrouvent une place dans la société camerounaise. Nous sommes prêts à remplir nos missions comme à l’accoutumée… »

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