Lors de la dernière audience tenue le 27 décembre 2018 au Tribunal criminel spécial, Monsieur Wilfried olivier Flottes de Pouzols  de nationalité française s’est présenté comme l’ancien « Contract Manager » de la Société Générale de Surveillance(SGS) Cameroun, entreprise fortement introduite au sommet de l’Etat.

 Wilfried olivier Flottes de Pouzols  comparaissait comme témoin du ministère public pour le « Volet 1 »des trois procès publics intentés à M.Essimi Menye, l’ancien ministre des finances et François Tchakui, promoteur du cabinet Challenger corporation Audit  Firm ; rapporte notre confrère Louis Nga Abena du journal Kalara.

Au cours de l’audience, le ministère public devant le Tribunal criminel spécial(Tcs), a refusé que le directeur de la sGS s’explique devant la barre. Le journal Kalara a conclu que « le parquet protège la SGS dans l’affaire Essimi Menye ». Selon Kalara, cette déclaration du Ministère public comme objection à une question de la défense posée à Wilfried olivier Flottes de Pouzols : « les élucubrations d’en face tendent à nous éloigner de la vérité. Nous ne sommes pas là pour le procès de la SGS » ;s’apparente à une obstruction du parquet.

Le tribunal a entendu M.Wilfried Olivier Flottes de Pouzols lors de l’examen public du dossier de procédure du détournement présumé d’un montant de 2,5milliards de francs Cfa versé  au titre d’avance d’honoraires au cabinet Challenger pour l’audit réalisé sur les prestations de la SGS ,sur la vérification des importations . Selon le journal Kalara : « Le témoin explique en effet que la SGS a, depuis 1988, un contrat avec l’Etat du Cameroun pour l’évaluation  des marchandises importées au Cameroun. Cette convention est dénommée « Programme de vérification des importations ».Dans le cadre de cette convention, la SGS émet certains documents comme les déclarations d’importation, les bordereaux de taxation et les AVI. Les fonds payés par l’importateur sont reversés dans un compte bancaire ouvert dans les livres de la BICEC intitulé Bicec-Programme de vérification  des importations. En guise d’honoraires, la SGS perçoit 0,95°/° de la valeur en douane de la marchandise importée.

M.Wilfried Olivier de Pouzols  indique qu’à la fin de chaque mois, sur la base des certificats de vérification émis par SGS, l’entreprise  dépose sa facture à la Bicec pour percevoir ses honoraires. La banque paie 75°/° de la valeur de la facture, les 25°/°restants sont payés trente jours plus tard  sur instructions du ministre des finances, après vérification de la facture.

S’agissant des faits au centre de la procédure, le témoin déclare que le 13 février 2008, il a reçu un courrier du cabinet Challenger disant qu’il est mandaté par le Minfi pour auditer les prestations de la SGS pour la période allant de 2000 à 2008.Le cabinet Challenger souhaitait de ce fait avoir tous les documents nécessaires à l’audit. Le lendemain, M.Essimi Menye répondant à son courrier, lui a confirmé la mission confiée à l’auditeur. « L’audit a permis de constater que la SGS devait combien à l’Etat du Cameroun ? » ; interroge le ministère public.

M.Wilfried Olivier .Flottes de Pouzols    explique que le rapport d’audit du cabinet Challenger accuse la SGS de diverses irrégularités qui ont causé un préjudice à l’Etat du Cameroun de l’ordre de 43 milliards de francs cfa. « Nous avons rejeté les conclusions de l’audit », a-t-il souligné, puis la SGS a saisi le Premier ministre « pour arbitrage ».

Le témoin révèle que le premier ministre, en personne, a présidé pas moins de six réunions de « crise » avec comme participants, entre autres, MM.Essimi Menye et  François Tchakui, Mme Minette Libong Li Likeng,  directeur général des Douanes au moment des faits.

Origines de la crise

La crise alléguée est née du fait que M.ESSIMI MENYE, au vu du rapport d’audit,a stoppé tout paiement des factures de SGS en ordonnant que le préjudice subi par l’Etat soit  préalablement réparé.

Le ministère public s’est intéressé sur le « montant retenu d’accord partie au terme des échanges ».M.Flottes de Pouzols  affirme  que lors de la réunion tenue le 10 mars à la primature, il avait été demandé à la SGS  de se rapprocher du Minfi « afin de trouver un terrain d’entente et parvenir à un accord ».

Selon le journal kalara : « l’entreprise a fait une offre de paiement  de 4,5 milliards fcfa auprès de l’Etat à laquelle M.Essimi Menye n’a donné aucune suite. Malgré de multiples relances. Il indique qu’ un « accord de sortie de crise » a néanmoins été trouvé « avec le gouvernement camerounais »pour « un montant de 4milliards fcfa à déduire sur les factures mensuelles que nous allons émettre de mars à décembre 2010 ».

Le témoin précise que l’accord est intervenu en février 2011. Les avocats de la partie civile sont allés dans le même sens que le ministère public.

Selon Kalara, les esprits  se sont échauffés lors du contre-interrogatoire du témoin par les avocats de M.Tchakui .Une phase de la procédure émaillée par une quinzaine d’objections du ministère public, toute acceptées par le tribunal. Le magistrat du parquet s’est curieusement montré très offensif sur toutes les questions se rapportant aux conclusions du rapport d’audit qui accable la SGS dont il a qualifié de « sans intérêt majeur avec l’affaire ».

« On accuse mon client d’avoir perçu de l’argent pour une prestation non exécutée », va rappeler Me Boniface Mbianga, avocat de la défense. « Est-ce que SGS a effectué une contre expertise de l’audit de mon client ? » Cette question de l’avocat sera aussi écartée des débats.

Au cours des échanges, l’avocat de la défense ne va pas manquer d’exprimer son inquiétude devant la conduite du procès. « De quoi allons nous parler si toutes les questions qui tendent à faire jaillir la vérité sont écartées ? ».

L’audience reprend le 14 février 2019 pour la suite des auditions des témoins de l’accusation.

 

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