Par la voix de son Point Focal National,Jean Marc Bikoko,  Dynamique Citoyenne au nom de la coalition « Tournons la Page Cameroun » et suite à l’analyse des rapports envoyés par ses observateurs déployés dans les dix (10) régions du Cameroun, a, dans le cadre d’un point de presse tenu mardi,09 octobre 2018 à yaoundé, partager avec les professionnels de médias ainsi qu’avec l’opinion publique nationale et internationale, un certain nombre d’informations collectées à travers les différents bureaux de vote.

LE DEROULEMENT DU SCRUTIN DU 07 OCTOBRE 2018

La coalition Tournons La Page a développé une application mobile connue sous le nom de RECAM (Regardons les Elections au Cameroun) à travers laquelle ses observateurs et partenaires peuvent enregistrer les résultats obtenus après le dépouillement dans les différents bureaux de vote.

A l’issue de la compilation de ces différents résultats, les tendances électorales seront publiées à travers les média et réseaux sociaux.

Cette application, qui est à sa phase expérimentale au Cameroun, sera utilisée de manière optimale lors des élections législatives et municipales prochaines

Déjà,Dynamique citoyenne se félicite de : : « Ce que le scrutin se soit effectivement déroulé dans les dix (10) régions administratives du Cameroun, sans incidents graves en termes de violences physiques dans les différents centres et bureaux de vote. Même si dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest (NOSO), cela n’a été possible que dans les chefs-lieux de régions et certains arrondissements environnants. L’effectivité du matériel nécessaire dans les bureaux de vote ; Grand engouement (inédit) des citoyens à l’observation du scrutin en vue de la sécurisation des suffrages exprimés ;

L’utilisation sans entraves des téléphones portables et autres appareils photos dans les bureaux de vote, particulièrement lors du dépouillement ».

Toutefois et au-delà de ces quelques points positifs, les différents rapports des observateurs font état de nombreuses irrégularités au rang desquelles : « La volonté manifeste d’obstruction du MINAT à travers le refus injustifié des accréditations aux Organisations de la Société Civile (OSC) qui en ont fait la demande (sur les 1260 demandes d’accréditions faites dans le cadre du projet INCRED par l’ONG Un Monde Avenir, le MINAT a accordé moins du dixième) ;L’affichage tardif des listes d’électeurs devant les bureaux de vote, en violation flagrante du délai des 8 jours avant l’élection prescrit par le Code Electoral en vigueur ».

Selon Jean Marc Bikoko : « Dans la ville de Yaoundé où nous avons fait le tour de onze (11) centres de vote le 06 Octobre 2018, veille du scrutin, en compagnie des invités de la Coalition Tournons venus du Tchad (TLP Tchad), du Congo (TLP) et de France (Coordination TLP), nous n’avons vu de listes affichées dans aucun bureau de vote jusqu’à 18h »;

« La désolation de plusieurs détenteurs de cartes d’électeurs qui n’ont pas pu voter dans toutes les régions du Cameroun du fait de l’absence de leurs noms sur les listes officielles publiées par ELECAM, une incongruité inexplicable pour cette institution qui devrait pourtant être à la pointe de la révolution informatique » ;a mentionné le Point Focal National de Dynamique Citoyenne.

La société civile a par ailleurs relevé : « La présence massive des forces de l’ordre (Gendarmes et policiers en tenue et en civil) dans les centres de vote. Une manœuvre d’intimidation qui justifie sûrement le faible taux de participation enregistré dans de nombreuses régions ;Le faible taux de participation enregistré dans les régions en crise sécuritaire, notamment le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, et l’Extrême-Nord ;les multiples interpellations et obstructions subies par nos observateurs à travers le pays du fait de l’excès de zèle de certaines autorités administratives et forces de l’ordre. Toutes choses qui ont fortement perturbé les opérations d’observation.Les tentatives d’intimidation de la part de certains membres du gouvernement dont l’excès de zèle et la dérive autoritaire à travers des déclarations intempestives et certaines prises de positions maladroites, contribuent à attiser les tensions qui sont susceptibles de déboucher sur des violences post-électorales non souhaitables en ce moment où le pays fait face à une crise sécuritaire d’ampleur inédite ».

EXCES DE ZELE DES MEMBRES DU GOUVERNEMENNT

S’agissant de l’excès de zèle et la dérive autoritaire à travers des déclarations intempestives et certaines prises de positions maladroites de certains membres du gouvernement, Dynamique Citoyenne tient à rappeler que : «  la fonction ministérielle est républicaine. Elle ne confère par conséquent aucun pouvoir aux ministres de manifester de l’arrogance encore moins du mépris vis-à-vis des citoyens ».

Dynamique Citoyenne demande donc au Président de la République en poste (en attendant les résultats officiels du scrutin), de : «  rappeler à l’ordre le Ministre de l’Administration

Jean Marc Bikoko,Point focal national de Dynamique Citoyenne, face à la presse le 09 octobre 2018 à Yaoundé

Territoriale Monsieur ATANGA NJI, afin que celui-ci cesse de proférer des menaces aux Camerounais comme il le fait à l’endroit de Paul Eric KINGUE.

Et qu’il ne joue exclusivement que son rôle qui, en matière électorale, n’est chargé que de la liaison permanente entre le Gouvernement et l’organisme indépendant chargé de l’organisation, de la gestion et de la supervision du processus électoral et référendaire en liaison avec les administrations concernées.

Le Cameroun se doit de s’arrimer à la modernité afin que le discrédit qui pèse sur le système électoral soit dissipé. Deux élections se sont tenues le même jour au Cameroun et au Brésil. Pendant qu’au Brésil (140 millions d’électeurs) on a eu les résultats le même jour, au Cameroun (3 millions d’électeurs), les résultats sont attendus 15 jours après ».

DECLARATION DE MAURICE KAMTO

Dans une déclaration publique faite lors de la conférence de presse organisée dans son quartier général, le Pr Maurice KAMTO a revendiqué la victoire à l’élection du 07 Octobre 2018. Dynamique Citoyenne est surpris du tollé que provoque cette sortie qui, dans le contexte de liberté d’expression est tout à fait normale. Le Conseil Constitutionnel étant l’institution reconnue par la loi pour proclamer les résultats officiels, la position du Pr KAMTO ne pose aucun problème, ce d’autant plus que l’article 113 du Code Electoral en vigueur stipule que « Immédiatement après le dépouillement des votes, le résultat acquis est rendu public ».

LES ELUCUBRATIONS DE TRANSPARENCY INTERNATIONAL 

Au cours du Journal Télévisé de 20h30 le 08 Octobre 2018 à la CRTV, Dynamique Citoyenne, en même temps que de nombreux téléspectateurs a été surpris, non seulement du tapis rouge déroulé par ce média officiel à Transparency International qui, il n’y a pas longtemps était présentée comme un ennemi du Cameroun, mais surtout par la mention honorable décernée au système électoral par cette ONG reconnu pour son professionnalisme en matière de lutte contre la corruption.

La quantité de ressources mobilisées et le nombre de centres et bureaux de vote parcourus seulement dans la ville de Yaoundé peut-il justifier une telle conclusion dithyrambique de Transparency Internationale ?

Dynamique Citoyenne dénonce fermement la légèreté dont vient de faire preuve Transparency International et qui visiblement n’est qu’une stratégie de communication dans le cadre de son plaidoyer pour redorer son image auprès des autorités camerounaises.

Dynamique Citoyenne et l’ensemble des membres de Tournons La Page réaffirment leur engagement à œuvrer pour l’amélioration du système électoral Camerounais, et invitent les partis politiques ainsi que tous les acteurs de la Société Civile à coaliser en vue d’une mobilisation en faveur de la réforme du Code Electoral Camerounais.

 

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